Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées

Journée d'ouverture

Deux rencontres de travail sur le thème de l'année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Journée de clôture

Deux rencontres de travail sur le thème de l'année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Journée nationale, à Bordeaux

Organisée par le CPP du Sud-Ouest

Cette Journée a lieu comme chaque année au printemps. Elle permet de présenter des travaux de l’ensemble des Collèges.

La réunion des enseignants aura lieu le lendemain matin.

Stages

Les stages du Collège de clinique psychanalytique de Paris permettent d’aborder de façon resserrée une problématique clinique précise grâce à des exposés et des discussions avec les enseignants du Collège.

Les publics concernés par ces stages sont tous travailleurs de la santé mentale. Le Collège s’adresse aux personnes qui, quel que soit le cadre de leur pratique, veulent se donner les outils épistémiques de la psychanalyse susceptibles de les orienter dans la clinique.

Les objectifs du stage : l’acquisition, l’entretien et le perfectionnement des connaissances.

Méthode pédagogique : enseignement théorique, études de cas, débats.

Stage : « Le psychanalyste et les sujets traumatisés »

Responsables : Sol Aparicio et Colette Soler

Il n’est pas de clinicien aujourd’hui, en institution ou en privé, qui n’ait à faire avec des sujets traumatisés que ce soit par les violences de notre actualité ou par les séquelles générationnelles des accidents de l’époque antérieure. La psychanalyse est d’ailleurs apparue en même temps que les premières névroses dites traumatiques de la civilisation, produites il y a maintenant plus d’un siècle par les premiers accidents de chemin de fer et surtout par la grande guerre de 1914 et on sait que Freud eut à se prononcer à leur sujet.

Cependant une autre question encore s’est posée dans la psychanalyse concernant l’origine des symptômes dont les sujets souffrent, tant dans leurs corps que dans leur pensée, et leurs affects. Résultent-ils d’accidents survenus précocement dans l’enfance, abandon ou abus divers du sexe ou de la violence, et dont ils seraient les traces indélébiles ? Ou faut-il y reconnaître, comme Freud puis Lacan l’ont fait, l’origine traumatique de tout symptôme ? C’est bien sûr, dans ce cas, un autre type de traumatisme qui est en cause : il doit moins au hasard de quelque mauvaise rencontre de l’enfance qu’à la répétition d’une inéluctable rencontre manquée avec l’Autre, avec ceux qui en ont tenu la place, généralement les parents. Faudra-t-il l’imputer aux pulsions de destruction, voire à une « malédiction sur le sexe » propre aux parlants ?

Toute la question est de savoir, d’hier à aujourd’hui, comment la psychanalyse traite ces sujets traumatisés, comment en pratique elle répond à leurs diverses plaintes, et sur le fondement de quelle théorie.

On étudiera différents cas et types de traumatismes, les diverses répercussions subjectives sur ceux qui les subissent, et les effets thérapeutiques possibles produits dans la relation à l’analyste. Une large place sera faite à la discussion et aux expériences des participants. La discussion sera animée en continu par les deux responsables du stage.

Stage : « Les autismes »

Responsables : Nadine Cordova-Naïtali et Jean-Pierre Drapier

S’il est un diagnostic qui fait couler beaucoup d’encre depuis des années et entraîne les débats les plus confus, c’est bien celui-ci. En même temps, ces débats amènent les psychanalystes à réfléchir plus loin leur théorisation et leurs pratiques.

La première cause de confusion est sans doute l’usage du singulier qui a prévalu tant chez les analystes que chez les neuroscientifiques, chacun voulant rabattre ce singulier sur une étiopathogénie qui lui soit proche. D’où l’usage nécessaire du pluriel, les autismes, meilleure façon d’assurer la singularité des cas.

Il y a un mécanisme commun à la base des symptômes : le refus, l’impossibilité ou l’empêchement de rentrer de plain-pied dans l’aliénation signifiante, une façon de rester au bord ou de vaciller sur ce bord. Cela ne dit rien de la cause : psychogène, génétique, organique ou un mixte.

Ces symptômes affectent la relation à l’Autre et aux autres, entre inexistence et persécution, la relation au corps, entre morcellement, massivité et orifices bouchés, le langage, entre absence et simple code, le comportement, l’alimentation, etc.

L’autiste utilise trois moyens pour traiter sa pathologie des bords : l’objet autistique, le double et la compétence exclusive qui sont autant d’obstacles que d’outils à la relation et aux soins.

Quelle que soit la cause, les outils que nous donne la psychanalyse pour « avoir quelque chose à dire » sur et aux autistes, non pas dans des cures-types mais des cures adaptées au rapport de l’autiste à son grand Autre, sont pertinents à condition de prendre en compte le transfert massif et ses conditions, et l’articulation nécessaire avec d’autres praticiens.

Au-delà des apports théoriques et cliniques apportés par les intervenants, une large place sera faite au débat et les participants seront invités à faire part de leurs expériences.

Stage : « Usage et mésusage du diagnostic »

Responsables : Françoise Josselin et Martine Menès

L'homme, confronté à l'énigme de son être et de son existence, est poussé, à l'instar de Dieu, à nommer les êtres et les choses. Mais, en même temps il recule à savoir ce qui cause son mal-être.

Que le sujet s'auto-diagnostique ou qu'il interpelle le savoir de l'Autre il est à la recherche d'une nomination, pour lui ou pour l’autre. Ainsi peut-on interroger l’extension de l’usage du mot « trouble » pour désigner tout phénomène psychique, ce que la psychanalyse nommerait symptôme et qui s’actualise différemment selon les structures.

Mais l'homme, nous dit Lacan, ne sait pas faire avec le savoir, le langage ne pouvant rendre compte des affects qui le traversent. D'où les préjugés dont se ramparde l'homme de science au nom du diagnostic. Mais c'est un dit-agnostique qui ne se réfère pas à la causalité psychique. Même si Freud a repris la nomenclature psychiatrique névroses, psychoses et perversions, ce fut pour en interroger la vérité inconsciente du symptôme. Lacan s'est ensuite progressivement démarqué du carcan du diagnostic pour s'orienter sur les effets de la jouissance incluse dans le symptôme, singulièrement pour chaque sujet.

Enfin si le diagnostic n’est pas à ignorer pour ce qui est de la conduite de la cure, il ne dit rien du désir du sujet.

Au cours de ce stage nous poserons les questions de ce qu’est un diagnostic, de sa pertinence dans la pratique analytique, de ses différents usages dans la clinique pour les patients comme pour les professionnels.

Stage associé : « Les limites dans les structures cliniques »

Responsable : Anita Izcovich

La clinique pose des questions au quotidien, elle nécessite un travail constant de la théorie pour élucider les impasses. Il s’agira d’approfondir les concepts théoriques en les éclairant avec des cas cliniques. Nous partirons d’une problématique actuelle pour les professionnels de santé qui travaillent avec les enfants, les adolescents et les adultes. On remarquera que le repérage du diagnostic et des structures cliniques a perdu de sa clarté. Il y a eu l’introduction de la catégorie des borderline puis les états limites. D’autres catégories ont été médiatisées comme le pervers narcissique.

Nous avons donc jugé nécessaire de reprendre les points de repère qui définissent les structures cliniques telles que Freud et Lacan les ont posées : névrose, psychose et perversion. Nous développerons ce qui les définit et les différencie et comment il ne faut pas confondre la perversion avec les traits pervers dans la névrose ou dans la psychose. En effet, s’il y a un masochisme pervers, il y a un masochisme féminin qui n’appartient pas à la perversion : on développera la différence entre les deux. Concernant le sadisme, il n’a pas le même statut dans la perversion que dans la névrose obsessionnelle. Il s’agira d’interroger en quoi la névrose est le négatif de la perversion, en élucidant les formules du fantasme de chaque structure, sachant que le névrosé a parfois besoin de s’assurer de son fantasme en se disant pervers.

Cependant, la direction de la cure et le maniement du transfert ne se limitent pas au repérage des structures cliniques. Il s’agit de tenir compte de ce qui fait limite, chez un sujet, dans la construction de son fantasme. Dans la clinique, il y a des sujets qui ont un rapport à la jouissance localisée dans la transgression et la destruction. Il s’agira d’étudier quelles en sont les manifestations dans la clinique actuelle, comment se joue le rapport à ce qui fait limite dans la castration. Qu’est-ce qui peut faire limite chez le sujet hors norme aujourd’hui, qu’il soit surdoué ou hyperactif ? Qu’est-ce qui passe de l’irréductible de la transmission dans les fonctions maternelle et paternelle qui font limite, pour que le sujet inscrive la particularité de son désir ?

Il s’agira de mettre au travail les articulations de Lacan en relation à plusieurs points de son enseignement, que ce soit la barrière de la jouissance inaccessible ou la limite de la barre entre le signifiant et le signifié, dans les années 1960. Dans les années 1970, la logique phallique est articulée en rapport avec la limite du pas-tout de la femme. C’est ce que nous mettrons en rapport, en prenant appui sur les cas de la clinique actuelle, avec les limites du réel dans l’impasse sexuelle.

Cela nous amènera à une autre conception de la limite, celle du sens et du non-sens dans la direction de la cure. C’est ce qui est à déterminer en fonction de la structure du sujet, mais aussi dans ce qui s’articule de la jouissance dans la cure, c’est-à-dire dans l’acte du clinicien et de ses effets. La limite concerne ainsi la frontière entre savoir et jouissance : quel est le gain de savoir, dans une cure, en rapport avec la perte de jouissance ?

C’est donc à partir de ces outils théoriques et de l’étude de cas cliniques que nous étudierons la question des limites dans les structures cliniques, pour le clinicien et les professionnels de santé.

Stage associé de l'Espace Clinique FCL - Champagne Ardenne : « Clinique des névroses »

Responsable : Brigitte Hatat

Lacan définit la névrose comme une question, « il s’agit d’une partie oubliée qui continue de se faire entendre de façon symbolique (1) ». Cette question, il conviendra aussi de la faire émerger.

Dans le premier temps de l’enseignement de Lacan, la névrose se caractérise par la mise en place de la métaphore paternelle et du Nom du Père, avec le refoulement comme mécanisme de défense.

Le Nom du Père est la réponse prêt à porter, qui fournit au sujet des appuis symboliques pour affronter les énigmes de la vie : la mort, le sexe.

Cependant, parce que l’Autre n’existe pas, le Nom du Père – même s’il fournit au sujet un ordre des choses, une loi symbolique – n’est pas une garantie ; comme tout signifiant, il ne dit que partiellement le réel.

Un reste de réel, un reste de jouissance échappe toujours au symbolique. La clinique des névroses devient donc la clinique du « pas tout ». De ce fait, chaque sujet a la charge d’opérer quelques retouches, quelques ajustements sur la solution prêt à porter pour qu’elle devienne sur mesure et permette une certaine accommodation avec le réel hors sens et un savoir-faire avec le non rapport sexuel, l’absence de garantie, la solitude, les autres noms du réel.

Cette clinique du pas tout met en évidence les ressources du sujet, la singularité de chaque cas, dans son rapport aux trois consistances : Réel, Imaginaire et Symbolique.

A l’heure où la politique actuelle tend à supprimer la névrose au profit d’un découpage de la clinique par le trouble, nous repartirons de la névrose comme structure de langage et des définitions de base pour ouvrir à la richesse de la fin de l’enseignement de Lacan, clinique du pas tout et du symptôme qui bouscule les idées reçues, mais qui permet une grande subtilité diagnostique. Nous nous intéresserons aux constructions et trouvailles singulières des sujets pour parer au Réel, et nous en déduirons les conséquences pour la conduite du travail avec ces sujets.

(1) : Lacan, Le séminaire Livre III, Les psychoses, Seuil, p. 56.