Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées et stages

Journées

Journée d'ouverture

La demi-journée d’accueil des participants se déroulera le 13 octobre 2018.

La journée d’ouverture se déroulera le 10 novembre 2018 de 10h à 12h et de 14h à 16h dans un style nouveau : les enseignants des séminaires feront un exposé de 10 minutes et ceux des unités cliniques lanceront le débat, avec des temps de discussion importants.

  • Un samedi de 10h à 16h
  • 10 novembre.
  • au local de l'EPFCL-France, 118 rue d'Assas, 75006 Paris.

Journée nationale, à Rennes

Organisée par le CPP de l'Ouest

Cette Journée a lieu comme chaque année au printemps. Elle permet de présenter des travaux de l’ensemble des Collèges.

La réunion des enseignants aura lieu le lendemain matin.

  • 9h30 - 18h30
  • 23 mars.
  • Rennes

Stages

Les stages du Collège de clinique psychanalytique de Paris permettent d’aborder de façon resserrée une problématique clinique précise grâce à des exposés et des discussions avec les enseignants du Collège.

Les publics concernés par ces stages sont tous travailleurs de la santé mentale. Le Collège s’adresse aux personnes qui, quel que soit le cadre de leur pratique, veulent se donner les outils épistémiques de la psychanalyse susceptibles de les orienter dans la clinique.

Les objectifs du stage : l’acquisition, l’entretien et le perfectionnement des connaissances.

Méthode pédagogique : enseignement théorique, études de cas, débats.

Stage associé : « Les limites dans les structures cliniques »

Responsable : Anita Izcovich

La clinique pose des questions au quotidien, elle nécessite un travail constant de la théorie pour élucider les impasses. Il s’agira d’approfondir les concepts théoriques en les éclairant avec des cas cliniques. Nous partirons d’une problématique actuelle pour les professionnels de santé qui travaillent avec les enfants, les adolescents et les adultes. On remarquera que le repérage du diagnostic et des structures cliniques a perdu de sa clarté. Il y a eu l’introduction de la catégorie des borderline puis les états limites. D’autres catégories ont été médiatisées comme le pervers narcissique.

Nous avons donc jugé nécessaire de reprendre les points de repère qui définissent les structures cliniques telles que Freud et Lacan les ont posées : névrose, psychose et perversion. Nous développerons ce qui les définit et les différencie et comment il ne faut pas confondre la perversion avec les traits pervers dans la névrose ou dans la psychose. En effet, s’il y a un masochisme pervers, il y a un masochisme féminin qui n’appartient pas à la perversion : on développera la différence entre les deux. Concernant le sadisme, il n’a pas le même statut dans la perversion que dans la névrose obsessionnelle. Il s’agira d’interroger en quoi la névrose est le négatif de la perversion, en élucidant les formules du fantasme de chaque structure, sachant que le névrosé a parfois besoin de s’assurer de son fantasme en se disant pervers.

Cependant, la direction de la cure et le maniement du transfert ne se limitent pas au repérage des structures cliniques. Il s’agit de tenir compte de ce qui fait limite, chez un sujet, dans la construction de son fantasme. Dans la clinique, il y a des sujets qui ont un rapport à la jouissance localisée dans la transgression et la destruction. Il s’agira d’étudier quelles en sont les manifestations dans la clinique actuelle, comment se joue le rapport à ce qui fait limite dans la castration. Qu’est-ce qui peut faire limite chez le sujet hors norme aujourd’hui, qu’il soit surdoué ou hyperactif ? Qu’est-ce qui passe de l’irréductible de la transmission dans les fonctions maternelle et paternelle qui font limite, pour que le sujet inscrive la particularité de son désir ?

Il s’agira de mettre au travail les articulations de Lacan en relation à plusieurs points de son enseignement, que ce soit la barrière de la jouissance inaccessible ou la limite de la barre entre le signifiant et le signifié, dans les années 1960. Dans les années 1970, la logique phallique est articulée en rapport avec la limite du pas-tout de la femme. C’est ce que nous mettrons en rapport, en prenant appui sur les cas de la clinique actuelle, avec les limites du réel dans l’impasse sexuelle.

Cela nous amènera à une autre conception de la limite, celle du sens et du non-sens dans la direction de la cure. C’est ce qui est à déterminer en fonction de la structure du sujet, mais aussi dans ce qui s’articule de la jouissance dans la cure, c’est-à-dire dans l’acte du clinicien et de ses effets. La limite concerne ainsi la frontière entre savoir et jouissance : quel est le gain de savoir, dans une cure, en rapport avec la perte de jouissance ?

C’est donc à partir de ces outils théoriques et de l’étude de cas cliniques que nous étudierons la question des limites dans les structures cliniques, pour le clinicien et les professionnels de santé.

Stage : « Usage et mésusage du diagnostic »

Responsables : Françoise Josselin et Martine Menès

L'homme, confronté à l'énigme de son être et de son existence, est poussé, à l'instar de Dieu, à nommer les êtres et les choses. Mais, en même temps il recule à savoir ce qui cause son mal-être.

Que le sujet s'auto-diagnostique ou qu'il interpelle le savoir de l'Autre il est à la recherche d'une nomination, pour lui ou pour l’autre. Ainsi peut-on interroger l’extension de l’usage du mot « trouble » pour désigner tout phénomène psychique, ce que la psychanalyse nommerait symptôme et qui s’actualise différemment selon les structures.

Mais l'homme, nous dit Lacan, ne sait pas faire avec le savoir, le langage ne pouvant rendre compte des affects qui le traversent. D'où les préjugés dont se ramparde l'homme de science au nom du diagnostic. Mais c'est un dit-agnostique qui ne se réfère pas à la causalité psychique. Même si Freud a repris la nomenclature psychiatrique névroses, psychoses et perversions, ce fut pour en interroger la vérité inconsciente du symptôme. Lacan s'est ensuite progressivement démarqué du carcan du diagnostic pour s'orienter sur les effets de la jouissance incluse dans le symptôme, singulièrement pour chaque sujet.

Enfin si le diagnostic n’est pas à ignorer pour ce qui est de la conduite de la cure, il ne dit rien du désir du sujet.

Au cours de ce stage nous poserons les questions de ce qu’est un diagnostic, de sa pertinence dans la pratique analytique, de ses différents usages dans la clinique pour les patients comme pour les professionnels.

Stage : « Que sont les paranoïas devenues ? »

Responsables : Agnès Metton et Frédéric Pellion

La question du titre se pose en effet, car, repoussée par les classifications actuelles dans l'encoignure des « troubles délirants persistants », les paranoïas ont comme disparu des radars de la nosographie.

Qui en effet, aujourd'hui, se souvient, et se soucie, des controverses - mais aussi des descriptions aussi minutieuses que les interrogations qu'elles soutenaient -, qui ont animé cette catégorie au cours de la période dite parfois « classique » de la psychiatrie, commençant avec les monomanies raisonnantes de Jean-Dominique Étienne Esquirol pour s'achever avec les psychoses passionnelles de Gaëtan Gratien de Clérambault ?

Pourtant, ces controverses ont aussi traversé la psychanalyse. Il suffit à cet égard de rappeler les efforts de Freud pour inclure, au moment d'inventer la psychanalyse, les paranoïas dans le champ d'efficience de son « étiologie sexuelle », ou les hésitations du même quant à l'exacte qualification de l'affection de Daniel Paul Schreber : paranoïa, paraphrénie, ou encore schizophrénie (« Dementia paranoides ») ?

Lacan, lui, de sa thèse de 1932 jusqu'à la fin de son enseignement, a soutenu une position constante : « La paranoïa, c'est la personnalité. » [1] Anticipation géniale, une fois n'est pas coutume, de l'abri que trouvent effectivement, de nos jours, les paranoïaques dans les modernes « troubles de la personnalité ». Mais c'est aussi que ce sont les paranoïas et leur « faillite » [2] quant au sexuel et à l'amour, il le répète volontiers, qui l'ont « aspiré » vers la psychanalyse.

Les divers intervenants, parisiens et provinciaux, enseignants ou non des Formations Cliniques du Champ lacanien, exposeront, chacun à sa manière, les conséquences qu'ils tirent de ce qui précède, comme de l'expérience qu'ils ont de la rencontre, à la fois fréquente et pas nécessairement manquée, du paranoïaque et du psychanalyste.

Stage associé : « La clinique analytique : changements et inventions »

Responsable : Anita Izcovich

Qu'est-ce qui opère dans la clinique ? Qu'est-ce qui fait qu'un sujet change ?

Dans un contexte où les thérapies se veulent parfois brèves et efficaces, on sait que l'efficacité ne peut se corréler à une temporalité qui serait celle de la rapidité. En effet, dans la clinique analytique, il faut le temps pour que l'élaboration se fasse. On se rappellera comment Freud a abandonné la suggestion propre à l'hypnose pour déchiffrer les hiéroglyphes du symptôme à travers les différentes couches de l'inconscient, des plus superficielles aux plus profondes.

Nous mettrons donc au travail ce qui, dans la clinique analytique, produit des changements chez le sujet ainsi que l'invention d'un savoir nouveau. C'est en mettant en rapport les concepts théoriques avec des cas cliniques que nous éclairerons la singularité du sujet dans son invention.

Il s'agira d'étudier à la fois ce qui est en jeu dans les circuits du désir propres à la construction du sujet et ce qui est mobilisé dans une cure.

On remarquera que les termes qui évoquent les changements sont nombreux dans la littérature analytique, notamment chez Lacan. Nous développerons comment le stade du miroir est à entendre comme une transformation produite chez le sujet, dans des points de « bascule », de précipitation de l'insuffisance à l'anticipation. Nous verrons comment le nœud du désir et de la demande est à saisir dans une boucle « rétroactive » dans le graphe du désir, et comment la fonction du père intervient comme « pivot » dans une dialectique, introduisant la notion de « virage » entre être et avoir le phallus. L'économie du désir se situe donc à la fois comme support et point de butée, sur une « plaque tournante », à un « point carrefour », pour opérer des « renversements » dialectiques. Nous étudierons donc ces changements qui opèrent dans la construction du sujet en les éclairant à partir de vignettes cliniques dans les structures de la névrose, la psychose et la perversion.

Concernant ce qui opère dans la cure, on se demandera quelle est la nature des changements qui vont bien au-delà des symptômes dont le sujet veut se défaire. Il s'agira de saisir jusqu'à quel point les changements sont transitoires ou définitifs, sachant qu'avec le franchissement, il n'y a pas de retour en arrière. La « métamorphose » du sujet est de l'ordre de ce qui se produit, ce qui est éprouvé et qui n'est pas saisissable juste par la parole. Nous développerons comment ce qui change est de l'ordre de l'effet produit entre deux signifiants, entre l'énoncé et l'énonciation, dans ce qui s'articule d'un avant et d'un après. C'est le dire qui change le sujet et qui trouve son efficace de l'équivoque, de la coupure. C'est sur cette frontière entre savoir et jouissance qu'il s'agira non seulement de faire parler le symptôme mais de produire un savoir nouveau, inédit, soit une invention propre à la singularité de chaque cas.