Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées et stages

Journées

Le séminaire du Collège clinique : « Parole et violence – Incidences »

À trois reprises au cours de l’année, l’ensemble des enseignants et des personnes inscrites dans les unités et espaces cliniques du CCPSO se réunissent pour une journée de séminaire.

Les enseignants y présentent leurs travaux, proposent leurs avancées et questions à la discussion de tous. Les participants sont invités à prendre part au débat : par leurs interventions, ils contribuent aux élaborations à la fois cliniques et théoriques.

Ainsi que le suggère l’étymologie [1], chaque séminaire se veut l’occasion de quelques semailles au vent du discours analytique. On sait que dans l’expérience de la cure, la position analysante et le discours qui s’en ordonne conduisent chacun à prendre acte du fait qu’il n’y a pas d’Autre pour savoir à sa place. Gageons que cette communauté d’expérience fonde, au sein du Collège Clinique, un transfert de travail propre à ouvrir le champ d’un « tu peux savoir [2] », pivot d’une transmission vive. « L'École instaure entre ses membres une communauté d'expérience dont le coeur est donné par l'expérience des praticiens. »

  • [1] « Séminaire » de seminare, « semer »
  • [2] Traduction par Lacan de l’adverbe latin scilicet dont il fit le titre de la revue de l’École freudienne de Paris en 1968.

  • Trois fois dans l'année
  • 10 novembre, 9 février, 25 mai.
  • à Cahors, Toulouse, Bordeaux

Journée nationale, à Rennes

Organisée par le CPP de l'Ouest

Cette Journée a lieu comme chaque année au printemps. Elle permet de présenter des travaux de l’ensemble des Collèges.

La réunion des enseignants aura lieu le lendemain matin.

  • 9h30 - 18h30
  • 23 mars.
  • Rennes

Stages

Stage « Psychoses : structure et clinique(s) »

Sous la responsabilité de Christophe Fauré et Claire Montgobert

Ce stage s’adresse à ceux qui sont intéressés par la question de la psychose et à ceux qui sont amenés à rencontrer des sujets psychotiques. Il vise à interroger les modes d’accompagnement, sinon de traitement, de la personne psychotique selon une approche orientée par la psychanalyse.

Loin de faire du « fou » un être déficitaire, la psychanalyse voit en lui quelqu’un qui à des choses à dire. Loin d’en faire un objet d’observation, elle lui restitue sa place de sujet. Freud a fondé sa découverte de l’inconscient à partir de sa rencontre avec les hystériques. Il se montrera plus que réservé quant à une possible application de la cure analytique pour le traitement de patients psychotiques. Pour autant, cela ne l’empêchera pas d’essayer de rendre compte théoriquement de cette structure.

Jeune psychiatre, c’est de la rencontre avec la paranoïa que Jacques Lacan s’orientera vers la psychanalyse. Il invitera ses élèves « à ne pas reculer devant la psychose ». Avant même de pouvoir parler de traitement de la psychose, il est essentiel de poser ce qu’est une psychose. Face à l’extrême diversité phénoménologique de celle-ci, Lacan, s’aidant des ressources théoriques freudiennes, construira le concept de forclusion comme condition unique à l’origine des psychoses. Nous aurons à nous interroger sur le destin de cette notion, à valider sa pertinence clinique, à mesurer son évolution dans l’enseignement de Lacan.

Par ailleurs, nous aurons à appréhender les différents types de solutions qu’un sujet psychotique peut mettre en œuvre. Solutions toujours singulières qui visent soit à se reconstruire un monde lorsqu’il y a eut décompensation, soit à parer et à éviter un éventuel effondrement. Quelle que soit notre profession, comment se repérer dans la psychose et comment se positionner pour accompagner au mieux le sujet ? Durant ce stage, une place importante sera laissée aux discussions et aux échanges. Plusieurs temps permettront aux participants d’exposer leurs propres situations et questions cliniques.

  • Le vendredi de 8h30 à 17h30
  • Le samedi de 9h00 à 17h00

Stage : « Ce que la psychanalyse peut apprendre sur l’ignorance »

Sous la responsabilité de Marie-José Latour et Nicole Rousseaux-Larralde

Contrairement à l’abeille qui récite le chemin qui la ramène à la ruche sans avoir eu à l’apprendre, le petit d’homme est, lui, condamné à apprendre de celui qui lui parle. Ce devoir d’apprendre n’a cependant rien de naturel. N’est-ce pas sa conjonction avec le désir qui permettra sa mise en fonction ?

Au début du XXe siècle, Sigmund Freud mettait en évidence la corrélation entre le désir de savoir et la curiosité sexuelle infantile. Depuis, nombre d’analysants ont pu éclairer la cause de leurs réticences à apprendre, de leur inhibition, de leur refus de savoir, et renouveler ainsi leur rapport au savoir. Cependant, cette conjonction entre le savoir, le désir et le sexuel n’est-elle pas encore et toujours scandaleuse ?

À l’heure où le ministère de l’Éducation Nationale met en place un Conseil Scientifique pour éclairer les mécanismes requis pour les apprentissages de la lecture notamment, n’est-il pas essentiel de contribuer à cerner l’effet de division produit par la prise en compte de l’inconscient dans le rapport du sujet au devoir d’apprendre ?

Certes, la psychanalyse ne promet aucune recette pour réduire l’ignorance, mais au moins permet-elle, selon le mot de Jacques Lacan, de la situer et de prendre ainsi la mesure de l’insu qui hante tout discours. Cela n’est pas sans conséquence dans le savoir y faire avec la tonalité dissidente du symptôme. En effet, s’instruire de ce qui ne s’apprend pas peut permettre de trouver à s’orienter avec ce qui reste hors de prise.

Stage : « Appréhender le savoir »

Sous la responsabilité de l'équipe enseignante de l'espace clinique de Cahors

Etrange démarche que celle de la psychanalyse qui, à une plainte appuyée sur un symptôme répond par la proposition de chercher à savoir… A savoir quoi ? La cause du symptôme.

La voie frayée par Freud à l’aube du XXème siècle mène à deux découvertes scandaleuses : celles de l’existence de l’inconscient et de la place qu’y occupe la sexualité. Le moi qui se croyait autonome et fonction de synthèse n’est pas maître en sa maison, un savoir inconscient le gouverne. Avec la psychanalyse, l’approche de ce savoir insu est au cœur du traitement du symptôme. Tenter d’attraper ce savoir n’est pas sans saisir le patient lui-même, la surprise devant l’aperçu peut côtoyer la crainte, l’horreur ou le refus de le prendre sur soi. Apprendre avec la psychanalyse concerne un savoir produit par le patient lui-même tandis que la position de celui qui l’écoute est ainsi précisée : « Ce que le psychanalyste doit savoir : ignorer ce qu’il sait[1]. » Déroutante option à l’heure où, de toutes parts, l’expertise des divers spécialistes est convoquée pour éclairer ce qui objecte à la compréhension, non sans assoir les pouvoirs de l’époque.

Dans et hors la cure analytique appréhender, se risquer à prendre le savoir repose sur la mobilisation du désir et son ancrage dans l’Autre. Quand la demande de l’Autre ressemble à une obligation d’adaptation comment créer les conditions d’un rapport vivant et singulier au savoir ? Dans les différents champs où s’élabore et se transmet le savoir que peut apprendre la psychanalyse ?

  1. J. Lacan, « Variantes de la cure type », Ecrits, Paris Seuil, 1966, p. 349.