Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées

Journée nationale

Organisé par le CCP de l'Ouest

Comme chaque année a lieu au printemps la Journée nationale.

L’assemblée générale des enseignants aura lieu le lendemain, dimanche 15 mars, à partir de 10h, à l’hôtel Mercure au 1, rue du Capitaine Maignan.

Journée d'ouverture

Deux rencontres de travail sur le thème de l’année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Journée de clôture

Deux rencontres de travail sur le thème de l’année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Stages

Stage : « Lacan pas sans Freud »

Responsables : Martine Menès et Frédéric Pellion

On sait, bien sûr, que Lacan cite très souvent Freud, et qu’il travaille certains de ses textes avec une obstination et une minutie dont il y au fond peu d’exemples dans l’histoire de la psychanalyse.

Il n’en reste pas moins délicat de peser ce que Lacan, qui encore en 1980, à Caracas, se revendiquait comme « freudien », doit exactement à Freud.

La question est néanmoins d’importance, car elle conditionne, entre révolution conceptuelle, déviation doctrinale et nouvelle légitimation de l’invention freudienne, notre manière d’apprécier l’apport de Lacan à la psychanalyse. Nous ajouterons que suivre pas à pas Lacan lecteur de Freud est une excellente propédeutique à sa manière propre de penser la psychanalyse.

Ce stage confiera donc à quelques-uns des enseignants du Collège de clinique psychanalytique de Paris et des membres de l’EPFCL-France la tâche, qui n’est pas mince, d’éclairer, à l’aide du texte de Freud de leur choix, les rapports de continuité et de discontinuité qui lient Lacan à Freud.

Stage : « L'enfant au XXIe siècle : une identité dé-genrée »

Responsables : Françoise Josselin et Didier Grais

« Du bleu pour les garçons et du rose pour les filles » : cet adage pourrait avoir fait son temps si l'on tient compte de l'injonction de parité qui émerge depuis quelques années dans notre société contemporaine. Plus actuel encore, une toute dernière législation allemande permet de déclarer à la naissance un enfant de sexe indéterminé sous une troisième rubrique : sexe neutre. L'Organisation Internationale des Intersexués revendique pour toute personne « qui naît avec plusieurs caractéristiques sexuelles différentes », la liberté de choisir elle-même quels sexe, genre et identité sociale elle adoptera. Dans certains grands magasins les jouets doivent être unisexes et ne doivent pas discriminer dans leur adresse fille et garçon. Il s'agit pour les parents de ne pas imposer à leur enfant des repères qui pourraient, redoutent-ils, les formater selon leurs sexes, avoir une influence sur leur identité, allant jusqu'à fomenter un nouveau concept « la transidentité ».

Mais alors comment se constitue l'identité sexuelle de l'enfant ? L'enfant a-t-il le choix de son sexe ? Face au sexe qui lui a été assigné, le sujet peut accepter ou non d'être garçon ou fille, quelle que soit son anatomie. La clinique démontre au cas par cas la difficulté de ce choix. Lacan, précurseur d'une mutation du discours sur la sexualité, a distingué sexualité et ce qu'il a nommé « sexuation ».

« Etre un garçon ou une fille est lié à des choix inconscients, déterminés par les identifications et mobilisés par les théories sexuelles infantiles dont Freud et Lacan ont répertorié les conséquences. « C'est qu'il n'y a que le phallus à être heureux - pas le porteur dudit » souligne Lacan en 1970.

Alors enfant unisexe, inter sexué, neutre, mâle ou femelle qui décide de son sexe ? C'est à travers cas cliniques et arguments théoriques que les différents intervenants de ce stage tenteront de répondre à cette question.

Stage : « Limite des identifications en psychanalyse »

Responsables : Françoise Josselin et Elisabete Thamer

Les psychanalystes depuis Freud s'intéressent surtout aux identifications, l'identité n'étant pas un concept freudien. Lacan, du début à la fin de son enseignement, s'est appuyé sur les trois identifications de Freud : l'identification par incorporation du nom du père, l'identification à un trait, l'identification hystérique, pour en distinguer, à mesure de son avancée sur le réel de l'objet, la notion d'une identité qui ne soit plus seulement fantasmatique mais symptomatique.

Dans la psychanalyse, ce n'est pas le sujet qu'il s'agit d'identifier mais l'objet. Il s'agit de ne pas s'arrêter aux particularités des symptômes que le sujet a et dont il déconstruit les identifications dans sa cure, mais de lui permettre la réduction au symptôme qu'il est, sa seule et véritable identité.

Nous étudierons, du point de vue psychanalytique, la clinique des identifications avec la perspective de ce que Lacan a appelé « l'identification au symptôme » soit de « savoir y faire avec son symptôme », son identité de jouissance.

Stages associés

Stage associé : « Le maniement du transfert dans la clinique »

Responsable : Anita Izcovich

La clinique pose des questions au quotidien, elle nécessite un travail constant de la théorie pour élucider les impasses. Il s'agira alors d'approfondir les concepts théoriques de Freud et des différentes périodes de l'enseignement de Lacan en les éclairant avec des cas cliniques, afin de mieux saisir les enjeux du diagnostic et de la direction de la cure pour la psychanalyse. Nous partirons d'une problématique actuelle qui concerne les professionnels de la santé qui travaillent avec les enfants, les adolescents et les adultes.

Nous interrogerons dans un premier temps quels sont les mécanismes du transfert, qu'estce qui le met en place et le mobilise dans la cure. Il est corrélé à l'automatisme de répétition, à la reproduction en acte de l'inconscient. Il a une fonction substitutive, celle de la métaphore de l'amour, qui prend son appui sur le manque du sujet qui s'adresse au sujet supposé savoir dans sa dimension agalmatique. C'est sur ce point qu'intervient le maniement du transfert, dans le sens où il a à s'écarter de la dimension d'idéal afin de préserver la place de l'objet a dans la construction du fantasme. C'est en ce sens que le terme de contre-transfert s'avère impropre. Il s'agira alors d'éclairer ce qu'il y a de créateur dans la manifestation du transfert, et quelle est la nature de ce que le sujet produit et construit dans la cure.

Se pose alors la question d'établir une différence entre le sujet supposé savoir dans la cure des adultes et celle des enfants, puisque l'enfant est dans la phase de la construction du fantasme. Le transfert est donc à manier différemment dans une analyse d'enfant. Concernant les adolescents, une autre difficulté se pose, celle de la sexualité qui fait trou dans le réel. C'est ainsi que nous en arriverons à un point fondamental, celui de la fonction du phallus dans le transfert. Nous partirons du mythe de Psyché auquel Lacan fait référence dans le Séminaire Le transfert, pour illustrer le paradoxe du complexe de castration, et comment le maniement du transfert se situe dans une dialectique qui porte du côté du signifiant manquant, du signe et de ce qui ne peut se représenter du sujet. Les manifestations du transfert sont à situer dans ce qui se dit et ce qui ne se dit pas, dans l'énonciation au-delà de l'énoncé. Nous montrerons comment le transfert est maniable par l'interprétation pour permettre l'entrée dans la cure ainsi que la direction de la cure.

Nous nous demanderons alors quelle est la différence dans le maniement du transfert dans la névrose et la psychose. Nous développerons comment dans la névrose hystérique et obsessionnelle, il se porte du côté d'achever ce que le ratage de la métaphore paternelle a laissé en suspens, de créer un nouveau capitonnage qui donne une autre direction au désir et une nouvelle orientation à la jouissance. Concernant la psychose, étant donné la carence de l'effet métaphorique et de la signification phallique, il s'agira de permettre au sujet de trouver un point de capiton de substitution, de fabriquer ce qui supplée à la structure dans une métaphore délirante visant la stabilisation et la restructuration imaginaire. Nous examinerons également la spécificité du transfert dans des cas de psychose non déclenchée. C'est donc à partir de ces outils théoriques et de l'étude de cas cliniques que nous étudierons comment se repérer et manier le transfert, quels sont les écueils à éviter dans la direction de la cure à orienter selon les différentes structures cliniques.