Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Programme des enseignements

Unités cliniques

Unité clinique d'Antibes

par Carole Mitaine, Patrice Pajot et Jean-Paul Montel

Présentation clinique, discussion et élaboration

  • Horaires communiqués ultérieurement
  • .
  • Service du Docteur Carole Mitaine, RDC du bâtiment de psychiatrie, Centre Hospitalier d'Antibes

Unité clinique de Draguignan

par Christophe Charles, François Morel, Muriel Mosconi, Patrice Pajot, Martina Blatché, Marie France Olivier et Jean-Paul Montel

Présentation clinique, discussion et élaboration

  • Les 2è mardis du mois sauf exception de 14h00 à 16h00
  • 9 octobre, 13 novembre, 11 décembre, 8 janvier, 19 février, 12 mars, 9 avril, 14 mai, 11 juin.
  • Pôle de Santé Mentale - Responsable de Pôle : Docteur Louis Richard Fenoy, Centre Hospitalier de la Dracénie

Unité clinique de Marseille

par Michel Leca et Muriel Mosconi

L'étude des présentations cliniques est assurée par Michel Leca et Muriel Mosconi.

  • Le vendredi de 10h00 à 11h30
  • 16 novembre, 7 décembre, 18 janvier, 8 février, 29 mars, 26 avril, 24 mai, 14 juin.
  • Salle d'apparat de l'APHM, rez de chaussée, 9 rue Lafon, 13006 Marseille

Unité clinique de Montfavet (Avignon)

par Jean-Jacques Gorog

Parole et violence

la parole pour nous n'est pas là pour tempérer la violence, même si elle a souvent cet effet, encore faut-il en déterminer la raison. Bien sûr nous n'oublierons pas la violence de la parole elle-même. En réalité la parole est là pour éclaircir l'énigme dont la violence est le produit. La présentation sera l'occasion de le vérifier..

  • Le samedi de 10h00 à 13h00
  • 6 octobre, 17 novembre, 8 décembre, 12 janvier, 2 février, 16 mars, 18 mai, 22 juin.
  • Espace médical, Centre hospitalier de Montfavet, 2, avenue de la Pinède 84143 Montfavet - 04 90 92 47 50

Unité clinique de Montpellier

par Géneviève Lacombe, Lina Puig et Dominique Touchon-Fingermann

Présentation clinique, discussion et élaboration/reprise de cas

  • Le samedi de 9h45 à 12h30
  • 10 novembre, 15 décembre, 19 janvier, 16 février, 6 avril, 22 juin.
  • Clinique Saint Clément, Service du Docteur Jean-Jacques XAMBO - 115 Avenue St Sauveur, St Clément de Rivière

Unité clinique de Nice : Centre hospitalier d’Antibes-Juan les Pins

par Bernard Lapinalie et Christian Schoch

Présentation clinique, discussion et élaboration, dans le service de psychiatrie du Dr Sylvie Dubreuil-Hamdoun, Centre hospitalier d’Antibes-Juan les Pins.

Entretien clinique avec un patient hospitalisé : nous serons attentifs à faire des différences au sein des symptômes et affects présentés. Nous nous attacherons à relever ce qui a pu les déclencher et à ce qui fait la singularité de chaque cas.

  • Le mercredi matin de 10h00 à 12h00
  • 14 novembre, 9 janvier, 6 mars, 15 mai.
  • Service de psychiatrie du Dr Sylvie Dubreuil-Hamdoun, Centre hospitalier d’Antibes - Juan les Pins, secteur 5 salle de synthèse, au rez de chaussée du bâtiment de psychiatrie

Unité clinique de Toulon

par Martina Blatché, Christophe Charles, Ghislaine Delahaye, Bernard Lapinalie, Michel Leca, François Morel, Muriel Mosconi et Patrice Pajot

Thème : Clinique de la violence

  • Le vendredi de 10h00 à 11h30 ou le samedi de 10h00 à 13h00 (lors des Samedis Cliniques)
  • 5 octobre, 9 novembre, 10 novembre, 18 janvier, 2 mars, 15 mars, 5 avril, 11 mai, 17 mai.
  • Maison Relais Olbia Var Appartements 32 - 34, chemin du Pont de Bois, 83200 Toulon

Ateliers cliniques

Atelier clinique d'Aix-en-Provence

par Marie-Christine Billioud

A partir des situations ou questions apportées par les participants, de leur pratique clinique, cet atelier doit permettre, « au cas par cas », de mettre à l'épreuve l'éthique et les outils de la psychanalyse. Il s'agit de démontrer en quoi la clinique psychanalytique est avant tout une clinique du sujet et des modalités qu’a trouvées celui-ci pour s'arranger ou non avec l'innommable du réel avec l'innommable de son être.

  • Le vendredi de 16h00 à 17h00
  • 12 octobre, 16 novembre, 7 décembre, 11 janvier, 1er février, 8 mars, 26 avril, 3 mai, 31 mai.
  • Salle Gaujoux, Centre Hospitalier Montperrin, 109 avenue du Petit Barthélémy, Aix-en-Provence

Atelier clinique d'Antibes

par Carole Mitaine, Patrice Pajot et Jean-Paul Montel

a) Élaboration à partir de chaque présentation clinique : dans un premier temps, questionnement sur le cas, puis la présentation, discussion entre les participants au Collège, les enseignants et l'équipe soignante hospitalière.

b) Élucidation des pratiques : à partir des témoignages des participants au Collège, sur leur expérience clinique.

  • 6 vendredi matin de 9h30 à 13h00
  • .
  • Service du Docteur Carole Mitaine, psychiatrie, Centre Hospitalier d'Antibes

Atelier clinique de Cannes

par Jean-Paul Montel et Patrice Pajot

L'atelier d'élucidation des pratiques permet aux participants qui le souhaitent de travailler avec les enseignants sur une étude clinique tirée de leur expérience pratique ou de la présentation clinique. Les constructions s'éclaireront des références théoriques à Freud et Lacan.

  • Le vendredi de 10h00 à 12h30
  • 21 septembre, 19 octobre, 23 novembre, 21 décembre, 18 janvier, 8 février, 22 mars, 26 avril, 21 mai, 24 mai, 21 juin.
  • Cabinet du Docteur Pajot, Le Palladio Bat B, 9èm étage, 166 avenue de Grasse, entrée par la rue Baulieu, 06400 Cannes Renseignements : Patrice Pajot 0608751137- Jean-Paul Montel 0670358314

Atelier clinique de Draguignan

par Martina Blatché, Jean-Paul Montel, Marie-France Olivier et Patrice Pajot

Questionnements et élaborations à partir des présentations cliniques ou élucidation des pratiques.

  • Le mercredi de 10h00 à 12h00
  • 17 octobre, 21 novembre, 19 décembre, 16 janvier, 20 février, 20 mars, 17 avril, 15 mai, 19 juin.
  • Pôle de Santé Mentale - Responsable de Pôle : Docteur Louis Richard Fenoy - Centre Hospitalier de la Dracénie

Atelier clinique de Marseille - Atelier 1

par Michel Leca et Muriel Mosconi

Chaque séance sera consacrée à l'étude d'un cas amené par un participant, à partir de sa pratique, d'un cas de la littérature clinique, ou de notes prises lors d'une présentation de clinique.

  • Le vendredi de 9h00 à 10h00
  • 16 novembre, 7 décembre, 18 janvier, 8 février, 29 mars, 26 avril, 24 mai, 14 juin.
  • Salle d'apparat de l'APHM, rez de chaussée, 9 rue Lafon, 13006 Marseille

Atelier clinique de Marseille - Atelier 2

par Ghislaine Delahaye et Michel Leca

Chaque séance sera consacrée à l'étude d'un cas amené par un participant, à partir de sa pratique, d'un cas de la littérature clinique, ou de notes prises lors d'une présentation de clinique.

  • Le vendredi de 10h30 à 12h00
  • 30 novembre, 14 décembre, 11 janvier, 1er février, 15 mars, 5 avril, 17 mai, 7 juin.
  • Salle d'apparat de l'APHM, rez de chaussée, 9 rue Lafon, 13006 Marseille

Atelier clinique de Nice

par Bernard Lapinalie et Christian Schoch

Reprise des présentations cliniques ou construction d'un cas clinique par un étudiant issu de sa pratique ou autre (art, littérature).

  • Le mercredi de 17h00 à 20h00
  • 17 octobre, 14 novembre, 12 décembre, 9 janvier, 6 février, 6 mars, 3 avril, 15 mai, 12 juin.
  • C.H. Ste Marie « salle Sainte Cécile » - 87, avenue Joseph Raybaud à Nice

Atelier clinique de Toulon

par Martina Blatché, Christophe Charles, Ghislaine Delahaye, Bernard Lapinalie, Michel Leca, François Morel, Muriel Mosconi et Patrice Pajot

  • Le vendredi de 9h00 à 10h00
  • 5 octobre, 9 novembre, 18 janvier, 15 mars, 5 avril, 17 mai.
  • Association Olbia Var- Appartements Site de Pont de Bois 32 - 34, chemin du Pont de Bois, 83200 Toulon - Tel : 04 94 93 15 28

Séminaires de lecture de textes

Séminaire de lecture d'Aix-en-Provence

par Martina Blatché et Christophe Charles

Freud a rapidement compris que contrairement à l’animal, l’homme n’est pas agi par l’instinct, mais par la pulsion qui est spécifique à la nature humaine. La vie en communauté contraint l’homme à un renoncement pulsionnel qui n’est pas sans conséquences dans son rapport à son semblable. Rien ne dispose foncièrement l’être humain à « Aimer son prochain comme lui-même ».

Car la pulsion est intrinsèquement pulsion de mort et sa visée n’est pas le bien ni celui du sujet ni celui de l’autre. Elle ne cesse pas de pousser et laisse le sujet dans une intranquillité foncière.

Dans le meilleur des cas, cette pulsion pourra être sublimée et servir à la sociabilisation, la culture, l’art et la connaissance. Mais une partie sera refoulée, et pourra agir en sous-main et se manifester sous la forme des manifestations de l’inconscient (lapsus, acte manqué...) voire dans des passages à l’acte et des manifestations violentes qui seront autant d’indices d’un échec du refoulement que d’un manque à dire qui s’exprime avec la violence.

Si l’agressivité se rencontre partout dans le règne animal, il semble bien que la violence soit le propre de l’homme. La violence est-elle spécifique de celui qui parle ?

Le petit humain rencontre dans le miroir cet autre semblable qui est lui-même, et dans cette expérience fondamentale qui le constitue, son moi s’organise à partir d’une connaissance paranoïaque, où l’agressivité est fondatrice et décide de la nature ultérieure des liens avec ses semblables, il rencontre aussi les signifiants de l’Autre.

Avec Lacan, nous savons que le sujet (de l’inconscient) pâtit du signifiant. Il en soufre. Du fait que l’Autre du signifiant est barré et ne peut pas tout dire de son être de vivant, il se perd à se dire et ne rencontre qu’un manque à être. Malaise...

Ainsi, de parler, le sujet souffre et si Lacan dans un premier temps de son enseignement repère dans le fait de parler une possibilité de se tenir à distance de la jouissance via le désir, il pourra aussi dire dans les années 1970, que le signifiant est lui aussi cause de jouissance.

Il sera intéressant d’interroger les différentes modalités offertes au sujet pour traiter de sa jouissance en trop du fait qu’il est un être qui parle et qui est parlé par l’Autre. Mais aussi le rapport entre la haine, l’agressivité, la pulsion de mort et la violence. Nous tacherons de les articuler avec la parole qui est une offre que fait le psychanalyste à son patient.

Comment comprendre enfin cette assertion de Lacan : « ...aux confins où la parole se démet, commence le domaine de la violence... » ? La violence à entendre alors comme un échec ou un impossible à dire le tout de l’être du sujet, qui est en somme la blessure nécessaire du parlêtre.
Le discours dépasse de loin pour Lacan, toute parole énoncée. Les 4 discours qu’il formalise pour rendre compte du lien social seraient la modalité du traitement du Malaise. Alors que penser du « discours » dit capitaliste (qui n’est pas un discours) qui fomente de la jouissance ? Serait-il un catalyseur de violence ?

Enfin, comment la violence se traverse-t-elle par la parole en fonction de la structure ?

Notre travail s’articulera autour des textes de Freud et Lacan :

    Freud :

  • Malaise dans la civilisation
  • On bat un enfant
  • Pulsion et destins des pulsions
  • Au-delà du principe de plaisir
  • Pourquoi la guerre ?
  • Lacan :

  • Subversion du sujet et dialectique du désir
  • Stade du miroir et formation du Je
  • Séminaire V, Les formations de l’Inconscient (le graphe du désir)
  • Séminaire VII, L’Ethique
  • Séminaire XVII, L’envers de la psychanalyse (les quatre discours)

  • Le vendredi de 15h00 à 16h00
  • 12 octobre, 16 novembre, 7 décembre, 11 janvier, 1er février, 8 mars, 26 avril, 3 mai, 31 mai.
  • Salle Gaujoux, Centre hospitalier Montperrin, 109, chemin du Petit Barthélémy, Aix-en-Provence

Séminaire de lecture d'Antibes

par Carole Mitaine, Patrice Pajot et Jean-Paul Montel

Le programme sera communiqué ultérieurement.

  • Horaires et dates communiqués ultérieurement
  • .
  • Service du Docteur Carole Mitaine, psychiatrie, Centre Hospitalier d'Antibes

Séminaire de lecture de Bandol

Par François Morel

Le programme des "Lectures de Bandol", séminaire de lecture, sera proposé le vendredi 5 octobre.

  • Cinq vendredis après-midi de 17h00 à 19h00
  • 9 novembre, 18 janvier, 15 mars, 5 avril, 17 mai.
  • 31, allée des Roses, 83150 Bandol - Tel : 06 81 66 59 30

Séminaire de lecture de Cannes

par Jean-Paul Montel et Patrice Pajot

  • Un vendredi par mois de 10h00 à 12h30
  • 21 septembre, 19 octobre, 23 novembre, 21 décembre, 18 janvier, 8 février, 22 mars, 26 avril, 21 mai, 24 mai, 21 juin.
  • Cabinet du Docteur Pajot, Le Palladio Bat B, 9èm étage, 166 avenue de Grasse, entrée par la rue Baulieu, 06400 Cannes Renseignements : Patrice Pajot 0608751137- Jean-Paul Montel 0670358314

Séminaire de lecture de Draguignan

par Patrice Pajot, Martina Blatché et Jean-Paul Montel

Etude des séminaires de Lacan.

  • Les 3è mercredis du mois de 10h00 à 12h00 sauf exception
  • 17 octobre, 21 novembre, 19 décembre, 16 janvier, 20 février, 20 mars, 17 avril, 15 mai, 19 juin.
  • Pôle de Santé Mentale - Responsable de Pôle : Docteur Louis Richard Fenoy - Centre Hospitalier de la Dracénie

Séminaire de lecture de Marseille

par Ghislaine Delahaye et Michel Leca

Parole et violence : incidences cliniques et thérapeutiques

Parole, violence, paroles violentes, violence sans paroles, parole résolutive, la psychanalyse s’est d’emblée posée comme cure par la parole et donc à ce titre elle a toujours suivi cette articulation de la parole et de la violence. Cette dernière, étant à entendre dans sa dimension subjective, comme phénomène affectant le sujet, sa jouissance et le lien social.

« ...la psychologie individuelle se présente dès le début comme étant en même temps, par un certain côté, une psychologie sociale, dans le sens élargi, mais pleinement justifié, du mot. » Freud 1921 Psychologie collective et analyse du moi.

« Les conflits d’intérêts surgissant entre les hommes sont donc, en principe, résolus par la violence. Ainsi en est-il dans tout le règne animal, dont l’homme ne saurait s’exclure ; pour l’homme, il s’y ajoute encore, bien entendu, des conflits d’opinion, qui s’élèvent jusqu’aux plus hauts sommets de l’abstraction et dont la solution semble nécessiter une technique différente. » Freud 1932, Pourquoi la guerre ?

En quoi le recours à la parole peut-il pacifier ou éviter le surgissement toujours possible de la violence ? Mais de quelle parole s’agit-il alors ? De nombreux philosophes et écrivains ont abordé cette thématique et Lacan a développé, tout au long de son enseignement, le statut et les effets de la parole en psychanalyse.

« Lorsque je parle, toujours j’exerce un rapport de puissance, j’appartiens, que je le sache ou non, à un réseau de pouvoirs dont je me sers, luttant contre la puissance qui s’affirme contre moi. Toute parole est violence, violence d’autant plus redoutable qu’elle est secrète et le centre secret de la violence, violence qui déjà s’exerce sur ce que le mot nomme et qu’il ne peut nommer qu’en lui retirant la présence — signe, nous l’avons vu, que la mort parle (cette mort qui est pouvoir), lorsque je parle. » Blanchot, L’Entretien infini, Gallimard, 1942

Nous nous proposons donc de poursuivre ce questionnement à l’aide de textes théoriques, littéraires et cliniques.

Bibliographie

  • Arendt, A. 1969. « Sur la violence », dans Du mensonge à la violence, Paris, Calmann-Lévy.
  • Adorno Th. W. (2003), Modèles critiques, Paris, Payot
  • Benjamin, W. 1921. « Critique de la violence », dans Œuvres 1, Paris, Gallimard.
  • Bergeret, J. 1984. La violence fondamentale, Paris, Dunod.
  • Blanchot, L’Entretien infini, Gallimard, 1942
  • Freud, S. (1915 [1988]), Considérations Actuelles sur la guerre et la mort in Œuvres complètes, tome XIII, 1914-1915, Paris, P.U.F. Essais de psychanalyse; traduit de l'allemand par le Dr S. Jankélévitch. Paris, Payot, 1948.
  • Freud, S. (1915) « Ephémère destinée », Résultats, idées et problèmes, I, Paris, PUF, 1984 ; OCF.P, XIII, 1988 ; GW, X
  • Freud, S. 1921 Psychologie collective et analyse du moi, in Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1972 ; OCF.P, XVI, 1991 ; GW, XIII.
  • Freud, S. 1929. Malaise dans la civilisation, Paris, PUF.
  • Freud, S. 1933. « Pourquoi la guerre ? », dans Résultats, idées, problèmes, Paris, PUF.
  • Freud, S. 1939. L’homme Moïse et la religion monothéiste, Paris, Gallimard.
  • Claude Hagège (2017) Religions, la Parole et la Violence, Éditions Odile Jacob.
  • Lacan J. (1956), « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » in Ecrits, Paris, le Seuil
  • Lacan J. (1966), « Subversion du sujet et dialectique du désir » in Écrits, Paris, Le Seuil,
  • Lacan J. (1973), « L’Étourdit », Scilicet no 4 ou Autres Ecrits, p 449
  • Lacan J. « La parole dans le transfert » in Le Séminaire I : Les écrits techniques de Freud, Paris, Le Seuil, 1975
  • Lacan.J, « les quatre discours » in Le Séminaire XVII, L’envers de la Psychanalyse, Le Seuil 1991
  • Nietzsche Friedrich, Ainsi parlait Zarathoustra (1885) GF Flammarion. 1996.

  • Le vendredi de 9h00 à 10h30
  • 30 novembre, 14 décembre, 11 janvier, 1er février, 15 mars, 5 avril, 17 mai, 7 juin.
  • Salle d'apparat de l'APHM, rez de chaussée, 9 rue Lafon, 13006 Marseille

Séminaire de lecture de Nice

par Christian Schoch

Nous partirons de la thèse de Lacan, « L’agressivité, dans l’expérience, nous est donnée comme intention agressive et comme image de dislocation corporelle, et c’est sous de tels modes qu’elle se démontre efficiente » (« L’agressivité en psychanalyse », Ecrits, 1948) , thèse qui garde toute son actualité.

Après Freud et son malaise dans la civilisation, ses considérations sur la guerre et la mort, sa pulsion de mort, nous préciserons avec Lacan l’agressivité comme tension corrélative de la structure narcissique et l’origine du moi comme essentiellement paranoïaque.

Cette notion de l’agressivité comme une des coordonnées intentionnelles du moi humain a une incidence majeure dans la clinique, dans la névrose comme dans la psychose.

La violence de l’enfant et de l’adolescent, ses passages à l’acte, en particulier dans les institutions, seront interrogés.

Mais, comme pour Freud, avec sa pulsion de mort, malaise de la civilisation aussi pour Lacan.

L’homme est dénaturé du fait de son entrée dans le langage. Le sujet qui parle a d’abord été parlé. Paroles en souffrance, mots ravageants de l’Autre primordial, marques des premières rencontres de jouissance toujours traumatiques, savoir inconscient sans sujet, un réel déjà là.

Nous essaierons d’en dégager les conséquences, leurs effets et les symptômes qui en découlent.

Bibliographie

    Freud Sigmund

  • Malaise dans la civilisation », PUF, 1971
  • Pourquoi la guerre », Résultats, idées, problèmes, II, PUF, 1985
  • Considérations actuelles sur la guerre et la mort », Essais de psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1971
  • Au-delà du Principe de Plaisir », Essais de psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1971
  • Lacan Jacques

    - Ecrits, Editions du Seuil, Paris, 1966 :

  • Propos sur la causalité psychique », 1946
  • L’agressivité en psychanalyse », 1948
  • Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je », 1949
  • Introduction théorique aux fonctions de la psychanalyse en criminologie »,1950
  • - Autres Ecrits, Editions du Seuil, Paris, 2001 :

  • Prémisses à tout développement possible de la criminologie
  • - Le Séminaire :

  • Livre VII « L’éthique de la psychanalyse »
  • Livre X « L’angoisse »
  • Livre XX « Encore »

  • Le mercredi de 17h à 20h
  • 17 octobre, 14 novembre, 12 décembre, 9 janvier, 6 février, 6 mars, 3 avril, 15 mai, 12 juin.
  • C.H Sainte-Marie « salle Sainte-Cécile »,87 avenue Joseph Raybaud, Nice

Séminaires théoriques

Séminaire théorique d'Aix-en-Provence (Claude Mozzone)

par Claude Mozzone

La violence n’est pas un concept psychanalytique. Cependant elle nous interpelle dans ce siècle plus que jamais. Il faudra l'aborder par l'agressivité et la haine, par la pulsion, la jouissance et la sublimation, concepts que la psychanalyse connaît bien.

Quant à la parole, qui est notre seul outil, chacun vante son pouvoir persifflant et libérateur. On oublie trop que la règle fondamentale est éminemment subversive. Dès que je parle, je me divise et j'expérimente seul « la jouissance est interdite à qui parle comme tel. »

Ainsi, la colère si fréquente dans les cures trouvera à se vivre autrement.

Les multiples registres de la langue nous enseignent sur son pouvoir et sa foisonnante diversité, de l'injure au serment, des mots d'amour à la provocation, de l'ordre à la prière. Force et violence sont dans les mots tout autant que l'apaisement.

  • Le vendredi de 14h00 à 15h00
  • 12 octobre, 16 novembre, 7 décembre, 11 janvier, 1er février, 8 mars, 26 avril, 3 mai, 31 mai.
  • Salle Gaujoux, Centre Hospitalier Montperrin, 109, chemin du Petit Barthélémy, Aix-en-Provence

Séminaire théorique d'Aix-en-Provence (Marie-Christine Billioud et Chistophe Charles)

par Marie-Christine Billioud et Christophe Charles

La violence n’est pas un concept de la psychanalyse

Pourquoi l’homme est-il fondamentalement violent, s’interroge Freud dans son ouvrage « Malaise dans la civilisation » ? D’où provient son besoin d’agression envers son prochain, et comment concevoir qu’il soit tenté de l’assouvir dans des actes violents comme le fait de l’exploiter au travail, sexuellement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de le martyriser, voire de le tuer ?

Freud a repéré que le moi du sujet se constitue d’abord d’un rejet du monde extérieur, et que la haine se constitue avant l’amour.

Cela rend compte que le sujet hait l’autre qui est en lui-même.

Lacan nommera l’extime du sujet, cette jouissance opaque, à la fois le plus proche et le plus étranger à soi-même, qui agit et organise les modalités de lien à l’autre, pas sans la haine et la violence qui la sous-tend. Aimer son prochain comme soi-même c’est rencontrer cette « mauvaiseté » de soi qui constitue le sujet dans son rapport aux autres et à lui-même. La question est de savoir si la parole pourrait pacifier cette jouissance délétère.

Freud, avec la découverte de la pulsion de mort, renonce définitivement à l’espoir d’un homme naturellement bon. L’homme est un animal dénaturé. Faute d’instinct « naturel », il a recours à la pulsion, qui fondamentalement est pulsion de mort.

Pour Freud, la culture et la civilisation peuvent venir à l’encontre de cette pulsion de mort qui excède au principe de plaisir. Mais il restera pessimiste : celle-ci domine et le travail de civilisation est une tâche sans relâche et toujours vouée à l’échec.

Lacan, à partir des travaux de Freud, indiquera que l’homme est dénaturé du fait qu’il parle et qu’il est parlé par l’Autre. Cette dénaturation qui le distingue radicalement de l’animal et de l’instinct, nécessite qu’il « s’apparole », que son corps de vivant, pris dans les rets du langage ne soit agi que par la pulsion (à la différence de l'animal), pulsion qui intrinsèquement est pulsion de mort et d’agressivité envers l’autre et donc envers lui-même. Cette pulsion qui pulse sans cesse et exige satisfaction nous meut, nous trouble et nous agit non sans violence.

Si l’homme est violent, c’est du fait qu’il parle, et il semble bien que certaines paroles proférées par l’autre puissent être violentes et décider durablement du destin du sujet qui s’y identifient, voire s’y soumet.

Alors comment comprendre que la parole puisse être un traitement de la violence ?

La clinique nous indique que la violence surgit là où les mots manquent à se dire et se faire entendre. La violence serait-elle alors à entendre comme un équivalent du passage à l’acte, qui nécessite une interprétation de l’Autre ?

Qu’est ce qui est visé dans l’acte de violence ? Est-ce un rapport de sujet à sujet ou bien s’agit-il dans l’injure, le coup violent porté à l’autre d’une tentative de détruire son être propre, son existence ?

Nous partirons des élaborations de Lacan des années 1960 (notamment à partir du graphe du désir qui distingue chaîne de l’énonce de la chaîne de l’énonciation et qui situe la pulsion au regard du fantasme du désir et du manque rencontré dans l’Autre) pour nous intéresser à la question de la jouissance telle que Lacan a pu la développer ultérieurement.

Cette jouissance, il ne s’agira pas de la nier, mais au contraire de bien en cerner les contours.

Le symptôme sera alors à considérer comme ce qui peut appareiller le plus de jouir et traiter le réel en jeu.

Pourrions-nous donner à la violence le statut de symptôme ? Symptôme du malaise dans la civilisation. Remarquons que la violence est au centre des préoccupations politiques et est structurellement liée au lien social.

En quoi la violence se différencie-t-elle de l’agressivité ?

La clinique doit nous permettre d’interroger les origines de cette violence et de son devenir...

Il semble important aussi de pouvoir envisager avec la violence la possibilité de création, et d’invention innovante. Elle peut être à l’origine de nouveaux liens sociaux (comme les révolutions peuvent en témoigner).

Le dispositif analytique est une offre faite au patient de prendre la parole. Parler pour quoi dire et pour quoi faire ? Quelle est la visée d’une cure par la parole notamment dans une psychanalyse lacanienne ?

En quoi la parole a-t-elle pour nous un statut différent de celui qui peut être donné dans une psychothérapie, ou dans un groupe dit de parole ?

  • Le vendredi de 17h00 à 19h00
  • 12 octobre, 16 novembre, 7 décembre, 11 janvier, 1er février, 8 mars, 26 avril, 3 mai, 31 mai.
  • Salle Gaujoux, Centre Hospitalier Montperrin, 109, chemin du Petit Barthélémy, Aix-en-Provence

Séminaire théorique d'Antibes

par Carole Mitaine, Patrice Pajot et Jean-Paul Montel

Le programme sera communiqué ultérieurement.

  • Horaires et dates communiqués ultérieurement
  • .
  • Service du Docteur Carole Mitaine, psychiatrie, Centre Hospitalier d'Antibes

Séminaire théorique de Cannes

par Jean-Paul Montel et Patrice Pajot

Parole et violence  

Face aux cris du bébé, la première violence inaugurale, est celle d'une nécessaire interprétation de l'Autre, de la mère en l’occurrence : « il a faim... » qui prend l'infans dans ses rets. Dans la révélation d'une présence encore ignorée, elle plonge celui-ci dans le bain du langage. Violence aussi fondatrice et intrinsèque au lien social que celle de la culture, à commencer par celle du mythe de Totem et Tabou.

Quelles relations entretiennent langage et parole ? Si nous inversons l'intitulé lacanien, qu'elle serait alors la fonction de la parole dans le champ du langage ? Pour autant, nous nous heurtons à un mur : celui du langage. C'est l'axe imaginaire du schéma L que nous retrouvons dans « la relation d'objet » ainsi qu'avec les autres schémas, dans « une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose ». Alors comment concevoir parole pleine et parole vide dans leur complémentarité et pas seulement dans leur opposition ?

Cet axe, c'est ce qui fait barrage, dans l'accès à l'Autre. En effet, certes le langage nous fonde dans l'Autre, mais celui-ci demeure pourtant hors d'atteinte. Alors, comment nous a.franchir du mur du langage ? La cure nous délivre d'une parole vide qui serait indissociable de l’ego et des identifications imaginaires, du moi-même. Dans l’assomption du sujet à son désir, c'est donc par la parole pleine que se brise le mur de l'imaginaire qui fait obstacle au sujet au lieu de l'Autre. Si la cure vise le Réel, la parole pleine en serait l'axe du renouveau.

Certes la parole peut se faire violente, mais la violence en serait avant tout sa récusation. Elle signerait en premier, l'échec de la parole. En outre elle repose sur une dualité mortifère et procède de la recherche du même. L'autre est à priori perçu comme une menace pour ma propre existence. La violence en passerait par le même, c'est à dire, par la volonté de nier tout ce qui n'est pas moi. In fine, par le refus d'en passer par la parole comme inscription d'une différence. Ce serait par la même, le rejet non pas de son moi et son image, mais de l'Autre, comme interlocuteur.

En cela, la source de toute violence se nourrirait, dans une vaine tentative de révélation de soi, du regard : « l'invidia » et de la représentation de soi

A contrario, nous pouvons concevoir les effets de la parole comme ce qui fait violence à l'imaginaire du regard et de sa violence endémique. En cela, la parole brise le regard et fonde dans un autre lieu que l'imaginaire le sujet parlant. Le renoncement à nier l'autre dans son altérité, amène de surcroît, un désintérêt pour le regard, et sa dissipation par la parole.

La loi du langage, dans son antériorité prend valeur d'appel et permet de se signifier comme sujet parlant. Dans son adresse à l'Autre elle nous affranchit de la désespérance du même.

C'est donc à partir du langage que nous habitons ce qui nous fait monde. Référence de Lacan à Heidegger, nier l'Autre reviendrait à effacer l'appel à l’Être, ce qui d'ailleurs « dans le langage se dérobe le plus ». Sinon, dans la récusation de toute altérité, il ne pourrait y avoir d'autre que moi, au prix d'engloutir, l'Être du Sujet, dans le paraître de sa représentation.

Alors, comment, suivant la formule d’Éric Weill, « regarder en face la violence » ?

Pour Deleuze, cela en passe, nécessairement, par « avoir un visage », porteur de l'interdit du meurtre.

  • Le vendredi de 10h00 à 12h30
  • 21 septembre, 19 octobre, 23 novembre, 21 décembre, 18 janvier, 8 février, 22 mars, 26 avril, 21 mai, 24 mai, 21 juin.
  • Cabinet du Docteur Pajot, Le Palladio Bat B, 9èm étage, 166 avenue de Grasse, entrée par la rue Baulieu, 06400 Cannes Renseignements : Patrice Pajot 0608751137- Jean-Paul Montel 0670358314

Séminaire théorique de Draguignan

par Patrice Pajot, Martina Blatché et Jean-Paul Montel

  • Les 3èmes mercredi du mois de 10h00 à 12h00 sauf exception
  • 17 octobre, 21 novembre, 19 décembre, 16 janvier, 20 février, 20 mars, 17 avril, 15 mai, 19 juin.
  • Pôle de Santé Mentale - Responsable de Pôle : Docteur Louis Richard Fenoy - Centre Hospitalier de la Dracénie

Séminaire théorique de Marseille

par Muriel Mosconi

Parole, violence et structures cliniques

« Ne savons-nous pas qu'aux confins où la parole se démet, commence le domaine de la violence, et qu'elle y règne déjà, même sans qu'on l'y provoque ? » (Jacques Lacan, « Introduction au commentaire de Jean Hyppolite sur La Verneinung », Écrits, p. 375)

Qu’est-ce que la violence au sens analytique du terme ?

Son concept croise ceux de pulsion, de Chose et de jouissance, d’acting out et de passage à l’acte, moment de fading du sujet, et, du côté du sujet en pâtissant, celui de trauma avec son cortège de rêves et de symptômes, voire de réactivation délirante.

Dans le champ de la clinique analytique, la violence va de la gifle de Dora au passage à l’acte d’Aimée, voire des sœurs Papin, en passant par la mort de l’homme aux rats sur le champ de bataille, l’idée d’éviration de Schreber, la violence du trauma de l’homme aux loups enfant, celle de l’affrontement au complexe de castration de Hans et celle de Madeleine Gide détruisant les lettres d’André Gide dans un acte à la Médée. Elle s’inaugure, dans ce champ, avec Emma et son proton pseudos et avec Cécilia rêvant de ses deux médecins pendus à un arbre.

Si la parole fait halte à la violence, comme la parole inconsciente des rêves traumatiques traite le réel du trauma, elle peut elle-même être violente et traumatique.

Ainsi Freud, assistant à la présentation de Bernheim en 1899, note la violence de la suggestion dans son étude sur la psychologie des masses : « Je peux me souvenir de la sourde révolte que, même à cette époque, j’éprouvais contre la tyrannie de la suggestion, quand un malade qui ne montrait pas assez de souplesse, s’entendait crier après : « Qu’est-ce que vous faites donc ? Vous vous contre-suggestionnez ! » Je me disais à part moi que c’était la plus criante des injustices et des violences, que le malade avait bien le droit d’user de contre-suggestion, quand on tentait de le subjuguer par les artifices de la suggestion. » La suggestion qui expliquait tout, note-t-il, se dérobait elle-même à l’explication.

Lacan, dans « L’étourdit », souligne le racisme des discours en acte. La suggestion relève du discours du Maître qui structure bien d’autres violences, comme le discours Universitaire structure la violence administrative qui exclut la subjectivité de la parole, à l’instar de leur variante le discours Capitaliste, et le discours Hystérique s’accompagne d’une révolte qui peut prendre une tournure politique, comme le mouvement des pussy hats par exemple. La psychose, du fait de son hors discours, peut favoriser la prise en masse dans des foules sectaires orientées par des signifiants maîtres en toc.

La violence se trouve aussi modulée par la structure clinique de celui qui l’agit ou de celui qui en pâtit, qui peut d’ailleurs être le même sujet, en cas d’automutilation ou de suicide, par exemple, voir « L'héautontimorouménos » (le bourreau de lui-même) de Charles Baudelaire.

La violence, prise dans les réseaux signifiants qui la traitent peut avoir un destin sur des générations. Lacan le note dans « La psychanalyse et son enseignement » : « une gifle, à se reproduire à travers plusieurs générations, violence passionnelle d’abord puis de plus en plus énigmatique en se répétant dans des scénarios compulsifs dont elle semble plutôt déterminer la construction [...] jusqu’à n’être plus que l’impulsion ponctuant de sa syncope une méfiance du sexe quasi-paranoïaque, nous en dira plus long de s’insérer comme signifiant dans un contexte où [des personnages de Commedia dell'arte] se retrouverons d’âge en âge en un canevas transformé pour former les figures du tarot d’où seront sortis [...] à l’insu du sujet les choix décisifs d’objets dès lors chargés pour lui des plus déroutantes valences. »

Ce seront ces points, et d’autres qui apparaîtront au fil de l’année, que nous étudierons en nous référant à la clinique, telle que Freud, Lacan et d’autres l’ont élaborée, ainsi qu’au malaise actuel de notre civilisation.

  • Le vendredi de 11h30 à 13h00
  • 16 novembre, 7 décembre, 18 janvier, 8 février, 29 mars, 26 avril, 24 mai, 14 juin.
  • Salle d'apparat de l'APHM, rez de chaussée, 9 rue Lafon, 13006 Marseille

Séminaire théorique de Montpellier

par Géneviève Lacombe, Lina Puig et Dominique Touchon-Fingermann

La violence, la parole...

Dans notre monde contemporain avec son cortège de violences sociales politiques, mais aussi de catastrophes naturelles qui sont d’un autre registre, on oppose violence et parole, parole des victimes qui souffrent, à qui une cellule psychologique composée de professionnels spécialistes de l’écoute, offre son écoute comme un traitement de ladite souffrance reconnue et nommée traumatisme, comme ce qui permettrait que puisse commencer « le travail du deuil ».

Or la violence n’est pas qu’un phénomène de société… elle concerne tout un chacun dans son intimité/extimité. C’est ce que Freud souligne dans Malaise dans la civilisation, en reprenant l'expression de Plaute « l’homme est un loup pour l’homme » et à laquelle Lacan fait écho en affirmant « l’homme est au naturel [...] une bête féroce ». Mais il introduit ce qui l’en distingue : « Tout homme est un animal, sauf à ce qu'il se n'homme ».

Dans le Séminaire V, il avait déjà donné au discours un rôle humanisant : « Le discours ne dit absolument rien, sinon de vous signaler que je suis un animal parlant. C'est le discours commun, fait de mots pour ne rien dire, grâce à quoi on s'assure que l'on n'a pas simplement affaire en face de soi à ce que l'homme est au naturel, à savoir une bête féroce ».

« Tout homme est un animal, sauf à ce qu'il se n'homme »... Lacan accompagne cette formulation d’un commentaire : « Je vous ai mis ça au tableau histoire de vous mettre en train... Cette petite formule n'a pas la prétention d'être de la pensée. Il se peut que ça serve quand même de point d'accrochage, de pivot... ».

Ainsi, de l’animal aussi féroce soit-il, il ne vient à l’idée de personne de dire qu’il est violent. Seul du parlêtre on peut dire qu’il fait acte de violence ou qu’il éprouve comme violence ce qu’il subit de l’Autre/l’autre, le grand et le petit, pour caractériser ce qui malgré le langage reste structurellement en latence prêt à surgir, au moins en rêve. L’homme « sait que son désir s’est formé de la zone qui fait barrière à la jouissance. »

Il y aura, sans doute, à distinguer et répartir agressivité, violence, rivalité, dans les 3 registres R, S, I, quant à la parole, laquelle peut tout aussi bien avoir des effets thérapeutiques par rapport au traumatisme que, en certaines occasions, des effets dévastateurs. On connaît l’expression : il y a des mots qui tuent !

Sur le plan éthique, accepter la demande d’être écouté, c’est à dire être entendu, comporte une responsabilité pour celui qui accepte ou même qui offre son écoute. Il ne s’agit pas de récuser les cellules psychologiques mises en place par les responsables publics, mais d’en cerner les limites.

  • Le samedi de 13h15 à 16h30
  • 10 novembre, 15 décembre, 19 janvier, 16 février, 6 avril, 22 juin.
  • Clinique Saint Clément, Service du Docteur Jean-Jacques XAMBO - 115 Avenue St Sauveur, St Clément de Rivière

Séminaire théorique de Nice

par Bernard Lapinalie

La violence entre pouvoir et savoir

Nous nous attacherons cette année à examiner comment pouvoir et savoir sont au cœur de la clinique du sujet comme du collectif − qu’il s’agisse de notre société ou de ses institutions de soins −, mais aussi au cœur de tout traitement possible de ce qui s’y manifeste de violence.

La notion de violence indique toujours un excès dans l’exercice d’un pouvoir. Elle diffère selon les cultures mais aucune société humaine n’est exempte de violence, au point que le terme ne semble pas convenir au monde animal.

Nous devons en conclure que c’est le langage qui est à l’origine du pouvoir et de la violence, alors même que nous avons l’idée que ce sont les éléments langagiers que sont la parole et le savoir qui peuvent au mieux contrer la violence.

Mais alors qu’en est-il du « savoir inconscient » qui, lui, à contrario, fait violence au sujet sous forme de ses symptômes ? Et dès lors, quel savoir peut aller contre ? Et en particulier quel est le savoir du psychanalyste ?

Enfin nous devrons examiner les rapports du pouvoir et du savoir aujourd'hui et ses incidences sur le devenir de la psychanalyse.

  • Le mercredi de 17h à 20h
  • 17 octobre, 14 novembre, 12 décembre, 9 janvier, 6 février, 6 mars, 3 avril, 15 mai, 12 juin.
  • C.H Sainte-Marie « service Sainte-Cécile », 87 avenue Joseph Raybaud, Nice

Séminaire théorique de Saint-Rémy de Provence

par Jean-Jacques Gorog

Qu'est-ce qu'un traumatisme ?

La violence fait traumatisme. C'est indiscutable et pourtant on discutera cette évidence parce qu'on ne sait pas ce qui fait véritablement la matière de la violence. Plus encore avec le traumatisme sexuel. On examinera comment la parole entre dans la danse du corps, face à la violence qui lui est faite et quelle réponse peut en être attendue.

De fait, c'est une question éthique : en quoi la parole aussi est violence ? L'étude de ce qu'on appelle les performatifs soit les actes de parole nous aidera à traiter de cette réponse à la violence.

  • Le samedi de 15h00 à 17h00
  • 6 octobre, 17 novembre, 8 décembre, 12 janvier, 2 février, 16 mars, 18 mai, 22 juin.
  • Maison Pélissier, route d'Orgon, 13210 Saint-Rémy de Provence

Séminaire théorique de Toulon

par Martina Blatché, Christophe Charles, Ghislaine Delahaye, Bernard Lapinalie, Michel Leca, François Morel, Muriel Mosconi, Patrice Pajot et Marcel Ventura

On aimerait que la “talking cure”, ce premier nom du pouvoir de la parole dans la psychanalyse, décerné par Anna O, patiente de Breuer [1], libère complètement le sujet de cette violence qui le maltraite lui-même ou les autres.

On aimerait ainsi pouvoir opposer fermement parole et violence, continuer à louer le pouvoir pacifiant du symbole qui nous déprendrait de sa dimension imaginaire-réel sous-jacente, où se situe l’agression.

Pourtant, parmi les paroles “vraies”, paroles de l’engagement, paroles du pacte, comme le fameux “Tu es ma femme” de Lacan [2], s’il y a tromperie, toujours possible dans la parole, alors “tuer ma femme”, qui se prononce presque à l’identique, vient à l’esprit ou pire, au fait. La parole n’est jamais pure, elle ne se déplace jamais sans son intendance : le champ du langage et de la culture, l’histoire qui l’a constituée. Et cette parole, du coup, garde sa référence aux violences constitutives de son émergence. On aimerait que le Phallus, signifiant symbolique du désir, soit aussi pacifiant qu’il peut l’être. Mais il porte la marque de la domination la plus ancienne que nous connaissons, la domination multimillénaire d’un sexe, l’homme, sur le dit du coup autre sexe, ou femme, dit “dit” parce qu’il n’existe pas autrement que comme ce synonyme oublié d’être dominé”, sauf à se réfugier dans l’arrière-monde de la jouissance supplémentaire qui le ferait être autre que son inexistence[3].

Ce progrès de la parole montre une limite et Freud a dû en convenir [4] avec la naissance du concept de répétition, opposée à la remémoration et bien sûr la notion de pulsion de mort, si difficilement acceptée par la communauté psychanalytique.

Impasse de la psychanalyse?

Oui, certainement. Les cures ne portent pas autant que ce que l’on aimerait, mais autant que ce que l’on détesterait. Elle doivent tenir compte des débouchés économiques d’une violence qu’il n’est pas possible d’éliminer du fonctionnement psychique, car elle reste au cœur de la subjectivation

Impasse de la psychanalyse, mais aussi de toutes les autres approches du sujet. Le mérite de la psychanalyse est de ne pas l’ignorer, depuis la deuxième topique de Freud.

La psychanalyse enseigne en tant que théorie un savoir sur la violence constitutive du sujet : suivant Hegel, l’historisation, au moins actuelle, du sujet est impossible sans la violence. Sujet, qui par le pouvoir de la reproduction la libère à son tour et la transmet.

Échec de la psychanalyse car elle n’atteint pas ce qui serait le Graal de la pensée humaine : Constituer un sujet sans violence. En effet, on a beau tourner et retourner les discours, la pulsion de mort intervient car elle est au fondement de la pensée, identifiée comme conscience ou esprit chez Hegel, avec la dialectique inaugurale du Maître et de l’Esclave de la phénoménologie de l’Esprit[5].

Le sujet a le choix, s’autogouverner par l’institution d’un signifiant-maître dont il aura accepté l’interpellation et s’en faire l’esclave. Ou rejeter tout signifiant-maître dans sa réalité psychique, au prix de quoi il se trouve face à des phénomènes de mort psychique dans les déclenchement psychotiques. Mortifié, amputé d’une partie de soi par la perte de la liberté ou mort tout court, psychiquement, ou suicidé. Choix formulé par l’aphorisme “La bourse ou la vie !” que l’on trouve dans le séminaire XI[6] de Lacan.

La Raison humaine qu’elle soit celle d’un sujet ou celle à l’œuvre dans la constitution de l’Histoire[7] ne se fait pas sans un sillage de mort, pour faire naître la servitude.

Chez le sujet : Deuil des parties de soi qui n’auront pas fait allégeance aux idéaux, institution du gouvernement de soi, plutôt totalitaire... Dans l’Histoire, développement contemporain et corrélatif des Lumières et de l’esclavage dans les plantations. Ombre totalitaire des Lumières[8].

Lacan propose cette dialectique première du Maître et de l’Esclave comme discours de l’inconscient, en retoquant Hegel avec une inspiration linguistique mêlant théorie du signifiant et théorie de la jouissance[9], qui deviendra plus tard “linguisterie”[10], soit un discours autonome de la psychanalyse lacanienne.

Le séminaire théorique, la présentation de malades, auront à cœur de montrer à travers les exposés des participants, la discussion clinique, les exposés théoriques des enseignants, la démarche psychanalytique, orientée cette année par ce thème de la parole et de la violence qui prolongera efficacement le thème de l’année précédente portant sur la clinique différentielle du sexe.

Références

  • [1] Freud S, Breuer J, Etudes sur l’hystérie, 1895
  • [2] Lacan J., Séminaire, Livre III, Les Psychoses, 195(-1956, Seuil
  • [3] Lacan, J, Séminaire XX, Encore, 13 février 1973 "Il y a une jouissance, disons le mot, à « elle », à cette « elle » qui n'existe pas, qui ne signifie rien."
  • [4] Freud S, Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915), Au-delà du principe de plaisir (1920), Psychologie des foules et analyse du moi (1921) Le moi et le ça, 1923.“Pourquoi la guerre ?” Correspondance entre Albert Einstein et Sigmund Freud. 1933.
  • [5] Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, 1807
  • [6] Lacan J, Seminaire XI, les 4 concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1963-1964
  • [7] Hegel G.W.F, La raison dans l’histoire (1822-1830)
  • [8] M’Bembe, A., Critique de la raison nègre, Paris, Editions la Découverte, 2013
  • [9] Lacan.J, Le Séminaire XVII, L’envers de la Psychanalyse, « les quatre discours » (1969-1970) Le Seuil 1991
  • [10] Lacan, J, Séminaire XX, Encore

  • Le vendredi de 11h30 à 13h00 et lors des Samedis Cliniques de 14h30 à 18h00
  • 5 octobre, 9 novembre, 10 novembre, 18 janvier, 2 mars, 15 mars, 5 avril, 11 mai, 17 mai.
  • Maison Relais Olbia Var Appartements 32 - 34, chemin du Pont de Bois 82000 Toulon et à l'hôpital de la Seyne/Mer, Salle Musset, pour les Samedis Cliniques, les 10 novembre, 2 mars et 11 mai.